«Jumelages germano-russes – une contribution à l’entente entre les peuples et à la paix»

Jubilé des trente ans du jumelage entre Volgograd et Chemnitz

par Eva-Maria Föllmer-Müller, Klaudia Kruck-Schaer et Tankred Schaer

Cette année, dans le cadre de la Foire du livre de Leipzig ont eu lieu les 16 et 17 mars deux rencontres, l’une à Chemnitz et l’autre à Leipzig, ayant pour thème les jumelages entre villes allemandes et russes. Ces deux événements devaient évoquer l’importance des jumelages inter-villes et encourager – particulièrement à l’heure actuelle – la mise en place et le renforcement de ce genre de partenariat avec des villes russes.
Chemnitz (entre 1953 et 1990, Karl-Marx-Stadt) et Volgograd (entre 1925 et 1961 Stalingrad) fêtent cette année l’anniversaire de leurs 30 ans de jumelage. Ces villes avaient initié leur jumelage en 1988, donc en un temps où les relations étaient encore étroites entre la RDA et l’URSS. Ce partenariat a heureusement survécu au changement d’époque de 1989–1991.

Vue sur Volgograd. Le kourgane Mamaïev avec la fameuse statue de la Mère-Patrie. (photo mad)
Hôtel de ville de Chemnitz. (photo Wikipedia)

Les personnalités participant au podium

A Chemnitz, l’événement était intitulé: «Jumelage Volgograd – Chemnitz. Une contribution à l’entente entre les peuples et à la paix». Les organisateurs étaient le Centre culturel et d’intégration germano-russe de Chemnitz «Kolorit» (cf. encadré) et les conseillers municipaux de Chemnitz Dietmar Berger et le Dr Eberhard Langer. Youri Fedorovich Starovatych et Sergey Lapchinov étaient venus de Chemnitz. Les deux fondateurs du jumelage, l’ancien maire de Chemnitz, Dr Eberhard Langer, et l’ancien maire de Volgograd, Youri Fedorovich Starovatych étaient partie prenante de cette manifestation. Les autres participants du podium, le conseiller municipal et président de longue date de l’Association des coopératives de Mitteldeutschland Dietmar Berger, du chef de l’administration pour les relations internationales et régionales de la ville de Volgograd Sergey Lapchinov et le vice-président de Kolorit, Jochen Mette, ont célébré le jubilé tous ensemble, avec environ 80 participants venus d’Allemagne, de Russie et de Suisse.
La manifestation s’est poursuivie l’après-midi suivante avec le même podium à la Foire du Livre de Leipzig – cette fois-ci sur invitation de Zeit-Fragen et sur le thème: «Jumelages entre villes allemandes et russes – une contribution à l’entente entre les peuples et à la paix». Zeit-Fragen aurait très volontiers accueilli également les représentants des autres groupes politiques du Conseil municipal de Chemnitz à la Foire du Livre.

75e anniversaire de Stalingrad – les représentants du gouvernement allemand gardent leurs distances

Il y a 75 ans, d’août 1942 à février 1943, l’une des plus grandes et des plus meurtrières batailles de la Seconde Guerre mondiale faisait rage à Stalingrad. Il est scandaleux que les représentants du gouvernement allemand se soient tenus à distance des solennités commémoratives se déroulant à Volgograd. Il est donc d’autant plus réjouissant que la bourgmestre de Chemnitz, Barbara Ludwig, se soit rendue à l’invitation d’Andreï V. Kosolapov, le maire de la ville jumelée de Volgograd, à l’occasion du 75e anniversaire. Selon la «Neue Presse» du 1er février, elle a déclaré: «C’est un signe fort que, 75 ans après la bataille de Stalingrad, nous nous souvenions des victimes russes et allemandes. En tant que bourgmestre, je saisis cette main tendue et la retiens fermement.»
Dans son introduction à la manifestation de Chemnitz, Dietmar Berger a attiré l’attention sur la signification des jumelages, une contribution importante à l’entente entre les peuples. A l’heure actuelle, il est très important de communiquer au sein de la société civile. Il faut prendre soin des relations personnelles. C’est d’autant plus important qu’aujourd’hui, au sujet de la Russie, se répand de nouveau une image hostile, contre laquelle les jumelages peuvent agir.

Avant le jumelage: amitié entre les hommes

Le Dr Eberhard Langer décrivit ensuite le développement du jumelage entre Karl-Marx-Stadt et Volgograd. Même sans jumelage, l’amitié entre les hommes s’était aussi développée des années auparavant. Il existait par exemple, de nombreuses connexions au niveau professionnel. La VEB Germania Karl-Marx-Stadt a eu une participation essentielle dans l’extraction du pétrole soviétique. Il y avait des camps de vacances pour enfants et des matches amicaux entre équipes de football. En 1979 eut lieu un festival de l’amitié entre les jeunes d’URSS et de la RDA.
Grâce à son initiative s’est conclu officiellement en 1988 le jumelage entre Karl-Marx-Stadt et Volgograd. Pour ceux de Chemnitz, le jumelage avec Volgograd fut synonyme d’amitié avec la Russie.

La Seconde Guerre mondiale: histoire vécue

Le Dr Langer passa ensuite au récit de ses expériences personnelles avec les soldats russes à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour lui, le bombardement de Chemnitz dans la nuit du 5 au 6 mars 1945 par l’aviation américaine et anglaise est encore présent. Il n’oubliera jamais comment il a passé la nuit du bombardement dans l’abri de sa cave à Kassberg. A la même époque, Youri Starovatych encore enfant avait été évacué de Stalingrad. Langer, lui, avait longtemps vécu dans un no man’s land occupé ni par les troupes russes, ni par les troupes américaines. Quand l’armée rouge est enfin arrivée, les enfants l’ont ressenti comme la fin de la guerre. Il y avait de nouveau du pain et des fruits, et les enfants recevaient de petits cadeaux.

3500 familles avec des racines russes

Eberhard Langer décrit ensuite comment on en est venu à la fondation de l’association culturelle russe Kolorit. Il a tenu un discours dans le cimetière soviétique de Chemnitz sur la commémoration de la fin de la guerre. Il a également cité en russe un poème d’Heinrich Heine qui avait été traduit par Pouchkine. Qu’un Allemand, dans un cimetière russe, cite en russe un poème allemand, a ému de nombreux assistants à tel point qu’ils se sont tournés vers lui en lui demandant de participer à la fondation d’une association culturelle russe. Il y a 3500 familles avec des racines russes à Chemnitz, et plusieurs d’entre elles ressentent le besoin de cultiver leur patrimoine russe et aussi de le transmettre à leurs enfants et petits-enfants.

Des jeunes qui éprouvent de l’amour pour les Russes

Ce qui a survécu à l’époque de la RDA dans les jumelages inter-villes est aujourd’hui presque entièrement en sommeil, ce qui reflète la situation politique actuelle. Il est donc d’autant plus important à présent de rechercher les possibilités de préserver la paix au travers des jumelages et de bâtir des amitiés. Il doit bien y avoir des jeunes qui éprouvent de l’amour pour les Russes. Le devoir de la génération précédente serait donc de transmettre son expérience à la jeune génération.

Une histoire commune créant des liens

Youri Starovatych a débuté son intervention en soulignant les points communs des deux villes de Chemnitz et Volgograd. Toutes deux ont été presque complètement détruites pendant la Seconde Guerre mondiale, toutes deux ont été reconstruites et sont devenues de plus en plus belles, toutes deux se sont épanouies. A Chemnitz, après la guerre, sur 64 écoles, il n’en restait qu’une seule. On lisait alors dans les journaux: «Le Manchester saxon n’existe plus.» La bataille de Stalingrad s’acheva le 2 février 1943: il ne restait plus aucune maison debout. En avril 1943, des diplomates vinrent de 40 pays pour inspecter les ruines. Selon leur estimation, on ne pourrait plus jamais reconstruire la ville, qu’ils recommandèrent d’entourer d’une clôture et de conserver comme mémorial pour les générations futures. Cependant, la population de Stalingrad en décida autrement et se prononça en faveur de la reconstruction. En 1987, Youri Starovatych remit les clés de son appartement au millionième habitant de la ville de Volgograd. 45 ans après la bataille, Volgograd comptait déjà à nouveau un million d’habitants, déclara fièrement et visiblement ému Youri Starovatych, ingénieur civil et architecte émérite de Russie.

Début du mouvement international de jumelage inter-villes

En 1944, Stalingrad a instauré le premier jumelage mondial avec la ville anglaise de Coventry. Cette année-là, des femmes de Coventry – dont la ville avait été aux deux tiers détruite – avaient collecté de l’argent qu’elles avaient envoyé à Stalingrad. Elles remirent en outre une nappe brodées de leurs 830 noms sur laquelle figurait le message suivant: «Un petit soutien vaut mieux qu’une grande pitié.» C’est alors, le 10 juin 1944, que fut conclu l’accord de jumelage entre Stalingrad et Coventry. Ce fut le début du mouvement international de jumelage inter-villes. Aujourd’hui, Volgograd est jumelée avec 22 villes dans le monde.

Au-delà de toutes les idéologies: les liens personnels entre individus

Youri Starovatych déclara que cela avait été une grande joie et un grand honneur de mettre en place un tel jumelage avec Karl-Marx-Stadt. La signature des accords de jumelage n’avait eu lieu qu’en 1988. Depuis les années 70, il y avait eu les liens les plus divers, des amitiés et des projets, des échanges de jeunes, un camp de pionniers, des échanges économiques. Quelques mois après la signature des accords, il avait réussi, au bout de quatre tentatives, à enrôler également Cologne comme partenaire de jumelage. Là aussi, s’étaient établis des contacts réguliers. Il mentionna aussi le jumelage Cologne-Volgograd, très productif au niveau des citoyens. Juste après la fin de l’Union soviétique, le jumelage avec Cleveland (USA) – où vivent 100 000 Ukrainiens – n’aurait pas été non plus très facile. A présent la tâche devrait être remise, pour des raisons d’âge, entre de nouvelles mains afin d’approfondir les jumelages. Il faudrait les réactiver et leur insuffler un nouveau contenu – et cela est réalisable et nous en sommes capables, a souligné Starovatych.
Les exemples montrent qu’avec les jumelages, il ne s’agit pas d’harmonie idéologique, mais de relations et d’amitiés entre les individus, au-dessus de toutes les idéologies.

«Veulent-ils que tout recommence comme jadis?»

Sous les applaudissements, Youri Starovatych remercia les participants à la commémoration de leur présence, spécialement dans cette époque troublée aux tendances inquiétantes au niveau international. «Nous avons un grand respect pour les Allemands, un grand respect. Après la guerre, l’écrivain Simon a dit qu’il n’éprouvait aucune haine envers les Allemands. Mais ce que nous ne pouvons pas comprendre, c’est pourquoi les députés allemands au Parlement européen sont d’accord avec les sanctions. Que veulent-ils, que nous mourions, ou que tout recommence comme jadis?»

«… une opportunité, de s’opposer à la folie»

Jochen Mette, vice-président de l’Association culturelle russe Kolorit, souligna l’importance des relations humaines directes entre Allemands et Russes. Quand il était étudiant, il a lui-même visité le cimetière commémoratif de Piskariovskoye à Saint-Pétersbourg. Cela avait été une expérience indélébile pour lui de voir les tombes des centaines de milliers de victimes du blocus de Leningrad. Aujourd’hui encore, cela restait pour lui une motivation pour transmettre ses résultats et ses expériences avec la Russie à la jeune génération. Ce n’est que par le contact direct, quand on parle ensemble, qu’on échange en se regardant dans les yeux, que la compréhension et l’amitié peuvent se développer. Les Russes sont des gens comme nous, avec qui nous pouvons et voulons vivre ensemble, et il s’emploiera à répandre ces idées. Cette tache importante doit être entre des mains, jeunes, actives et vigoureuses. On aura alors une chance d’aller à l’encontre de l’ambiance antirusse en s’opposant à la folie.

Podium sur le thème du jumelage entre Chemnitz et Volgograd avec les intervenants
Jochen Mette, Sergey Lapchinov, Youri Starovatych et Eberhard Langer. (photo hd)

De nombreux projets menés à bien avec succès

Sergueï Lapchinov, qui s’occupe dans son administration de 45 jumelages inter-villes, a rendu hommage à «l’enfant que les deux maires ont mis au monde et élevé». De nombreux projets ont pu être exécutés avec succès ensemble dans le cadre du jumelage entre Chemnitz et Volgograd: dans le domaine du sport, il y a eu des rencontres entre nageurs, entre boxeurs et footballeurs. Dans le domaine culturel ont été organisées des deux côtés des visites de groupes folkloriques. En 2008, pour la commémoration des 20 ans du jumelage une grande fête a eu lieu à Chemnitz ainsi qu’à Volgograd. Des visites mutuelles: un jazz-band de Volgograd est venu à Chemnitz et en 2004, pour l’«Année de la rencontre» germano-russe (Deutsch-russisches Kreuzjahr), de hauts représentants, parmi lesquels Egon Bahr, se sont rendus par voie fluviale de Moscou à Volgograd.
Depuis 2014 a lieu un échange scolaire avec un lycée de Chemnitz. Si l’on disposait de plus de moyens financiers, cet échange pourrait avoir lieu chaque année. Après la réunification, un groupe de travail a été fondé entre les municipalités de Chemnitz, de Düsseldorf et de Volgograd. A la fin des années 90, les fonctionnaires municipaux des villes participantes se sont rencontrés. Serguei Lapchinov espère que bientôt les représentants des villes en viendront de nouveau à la réalisation d’échanges et de nombreux projets.
Eberhard Langer ajouta qu’il a visité de nombreuses sociétés à Chemnitz dans les derniers jours et fait de la publicité en Russie pour un élargissement des contacts. Ces efforts auraient été couronnés de succès.

Comment améliorer les relations entre l’Allemagne et la Russie?

Dans la discussion qui a succédé ont été formulées des propositions variées sur la manière dont on pourrait améliorer les relations entre la Russie et l’Allemagne. Une participante au débat a ainsi décrit son expérience du travail avec des jeunes qui, dans le cadre d’un programme du Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge [Association allemande pour l’entretien des sépultures militaires], avaient travaillé dans un cimetière militaire. Les relations personnelles entre individus sont un antidote au bourrage de crâne antirusse. Le séjour dans le pays d’accueil avait motivé les jeunes pour une approche plus poussée et intensive de l’histoire.
L’intervenante a également précisé que la manifestation de ce jour était elle aussi l’exemple d’une collaboration réussie entre Allemands de l’Ouest et Allemands de l’Est. Elle a souligné à quel point il était important que les gens se rapprochent concrètement entre Est et Ouest après la réunification, et qu’un réexamen honnête de l’histoire de la RDA devait être entrepris.

Une longue amitié lie la Suisse à la Russie

Un participant suisse est intervenu, indiquant que l’histoire des jumelages est encore trop peu traitée comme une partie importante et centrale pour l’entente entre les peuples. Les jumelages en tant que mouvements pacifistes durables représentent une contribution précieuse à l’entente entre les peuples. En tant que Suisse, il est fier que les relations n’aient pas non plus été interrompues entre la Suisse et la Russie, même dans la situation actuelle. La Suisse et la Russie sont liées par une longue amitié. Aucun bourrage de crânes ne peut être un obstacle à cette amitié. Cela ne peut se produire si les gens nouent des relations personnelles.

«C’est de cela dont nous avons aussi besoin ici»

Une participante de la Fondation West-Östliche Begegnungen [Rencontres Est-Ouest] a proposé que les deux fondateurs du jumelage Volgograd-Chemnitz aillent dans les écoles comme témoins. La formation en histoire est mauvaise et les descriptions des témoins seraient d’une grande importance. Le 6 mai, pour l’anniversaire de la signature des accords de jumelage, l’accord déjà existant devrait être confirmé à l’Hôtel de ville de Chemnitz. Il faudrait organiser à nouveau et multiplier des conférences de jumelage, comme en juin 2017 à Krasnodar [XIVe Conférence des villes jumelées germano-russes]. Du côté allemand aussi, de nombreuses personnes y ont participé. Elle a rappelé que 2017/18 a été proclamée Année des coopérations régionales et communales germano-russes (cf. Horizons et débats n° 17/18 du 26/7/17). Après la réunification, de nombreuses initiatives avaient été abandonnées et devraient maintenant être ressuscitées.
Un autre participant du Sud de l’Allemagne a raconté que le maire de l’endroit qu’il habitait, lorsqu’il avait vu l’annonce de la manifestation des jumelages germano-russes, avait spontanément déclaré: «C’est exactement ce dont nous aurions besoin ici!»
Une bourgmestre, venue de la Lusace à la manifestation, a félicité les organisateurs de cette fête réussie, félicitant du même coup les villes de Chemnitz et de Volgograd pour la commémoration du jumelage. Dans sa commune, a lieu chaque année un séjour de convalescence pour des enfants de Tchernobyl, avec une participation citoyenne accrue en permanence. Mais le jour même, elle a très mal supporté d’apprendre que la chancelière fédérale allemande s’est rangée aux côtés de Theresa May dans l’affaire Skripal. Madame Merkel aurait formulé cela avec beaucoup de dureté et condamné en même temps le président russe Vladimir Poutine sans respecter la présomption d’innocence.

Nous vivons un moment historique

Visiblement ému, un participant a déclaré que les personnes présentes vivaient un moment historique. Les images historiques ayant été présentées au cours de la manifestation étaient extraordinairement significatives et devraient faire l’objet d’une réflexion ultérieure. Selon cet intervenant, il est honteux que les hommes politiques représentant notre démocratie, ne soient pas en mesure ou ne veuillent pas honorer comme il se doit l’histoire germano-russe, et au lieu de cela, s’en détournent. Il éprouve une grande reconnaissance à l’égard des gens qui travaillent sans arrêt et avec une énergie si extraordinaire à un bon partenariat avec la Russie.
Dans le résumé de la manifestation, il a également été rendu hommage aux résultats concrets des deux délégations de Volgograd et Chemnitz. Ce travail pour les relations de partenariat avec la Russie peut être effectué partout. Dans un tel partenariat, les initiatives trouvent souvent leur origine parmi les simples citoyens. Ce sont souvent ceux qui entretiennent déjà une relation personnelle avec des gens d’un autre pays. D’autres personnes se joignent alors à eux et on peut faire le chemin ensemble. Tout le monde peut contribuer à de telles précieuses entreprises.    •

De l’importance des jumelages

ef. L’idée d’apporter une contribution à l’entente entre les peuples et à la paix au travers des jumelages remonte directement aux années ayant suivi immédiatement la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Ce sont entre autres trois professeurs des universités et auteurs suisses qui ont initié la fondation de l’Union internationale des maires pour le rapprochement franco-allemand (IBU). Le désir de Hans Zbinden, d’Eugen Wyler et d’Adolf Gasser était de renforcer la commune comme l’embryon de la démocratie, afin d’empêcher une autre guerre mondiale. C’est ainsi qu’en 1950, à partir des contacts entre maires français et allemands pendant les conférences de l’IBU, est né le premier jumelage franco-allemand entre Montbéliard et Ludwigsburg. Par la suite, de plus en plus de villes allemandes nouèrent des liens amicaux avec des villes d’autres pays afin de faire vivre l’entente entre les peuples à partir d’en bas.
Depuis, de nombreux jumelages se sont formés dans divers pays du monde – entre les villes allemandes et russes, il y en a entre temps environ une centaine. Le plus ancien jumelage germano-russe est celui entre Saint-Pétersbourg et Hambourg venant tout juste d’avoir 60 ans. Les relations germano-russes sont actuellement très tendues. Ces tensions ne correspondent pas à la volonté de la plupart des habitants de ces deux pays. Les jumelages sont un moyen de les contrecarrer. Ils sont une pierre angulaire pour la future existence du dialogue germano-russe et peuvent, au niveau de la société civile – d’homme à homme – être des alternatives à la confrontation. Ils offrent la possibilité d’établir une large base d’égalité, de confiance et de respect mutuel.
En juin 2017, pour la première fois, deux ministres de premier plan ont participé à la XIVe Conférence des villes jumelées germano-russes à Krasnodar: le ministre des Affaires étrangères russe Serguei Lavrov et son homologue allemand de l’époque, Sigmar Gabriel. Avec leur visite, les jumelages germano-russes ont été hissés au niveau politique. Dans leur intervention commune, on trouve entre autres choses: «Nous voulons d’avantage faire avancer ces jumelages dans la conscience publique et utiliser la dynamique qu’ils génèrent pour d’autres jumelages entre Allemands et Russes et accroître ainsi la confiance mutuelle. Nous sommes convaincus que les partenariats communaux et régionaux représentent un composant porteur indispensable à la collaboration bilatérale entre la Russie et l’Allemagne. […] Nous nourrissons le désir commun que sur les nombreuses participations communales et régionales le nombre et l’intensité des contacts directs soient accrus entre Russes et Allemands et qu’ainsi le dialogue et la compréhension entre nos deux sociétés en soient renforcés. C’est justement dans les périodes politiquement difficiles que la coopération dépend de signes visibles.»

Kolorit e.V.

ef. Il y a à Chemnitz environ 3500 familles avec des racines russes. L’Association Kolorit e. V. a été fondée en 2006 à l’initiative d’immigrants russophones venus de Russie. Kolorit est une association culturelle travaillant dans le domaine social et s’efforçant aussi bien de maintenir la culture et la tradition russe que de proposer des programmes d’intégration aux expatriés russophones pour les introduire à la culture et à la vie de Chemnitz et de leur apporter un soutien social.