Wolfgang Kubicki: Nous avons besoin de la Russie

«On ne peut pas vouloir éclaircir les faits tout en affirmant déjà connaître le coupable. C’est incohérent. Je vous le dis en tant qu’avocat pénal en Allemagne comme dans d’autres pays, il y a la présomption d’innocence. […]
Je n’ai pas de meilleures informations, mais Heiko Maas [ministre allemand des Affaires étrangères, ndt.] n’en a pas non plus. C’est un fait que le poison identifié a été élaboré dans l’ancienne Union soviétique. Cependant, par la suite, divers autres pays ont eu connaissance de cette formule. Je répète que l’organisation responsable d’identifier où ce poison a été produit n’a pas encore terminé son travail. C’est également un fait que les ministres des Affaires étrangères exigent davantage d’informations. Toute­fois, celui qui connaît déjà le coupable n’a pas besoin d’éclaircissement. C’est incohérent. Je vous dis tout tranquillement: attendons pour voir ce que nous apporteront les 15 jours à venir. Alors, nous aurons davantage de détails. Et quand nous serons sûrs de connaître la réalité, nous pourrons réagir. […]
La mise en œuvre de l’Accord de Minsk II est difficile, car nos interlocuteurs ukrainiens n’assument pas leurs responsabilités. Le Parlement ukrainien, par exemple, refuse de donner à l’Ukraine une structure fédérale, similaire à celle de l’Allemagne, pour que les régions en Ukraine orientale puissent disposer d’une certaine autonomie. […]
Nous avons besoin de la Russie à l’intérieur de l’Europe, pour le partenariat de sécurité que nous avons conclu avec les Russes, il y a plus de 20 ans. Et si nous continuons à dire à tout moment que c’est à l’autre de faire le prochain pas, nous n’avancerons pas. Je propose de lever petit à petit les sanctions imposées à la Russie, par exemple en commençant par le secteur agricole. Puis, on verra comment la Russie réagit. Si la Russie réagit de manière sensée, nous approfondirons les discussions. Sinon, nous pouvons garder le régime des sanctions. Mais il faut que quelqu’un sorte du mutisme.»

Source: www.deutschlandfunk.de  du 22/3/18