Etude de l’EPFZ: un record historique pour la neutralité

rt. L’étude de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) «Security 2019», publiée en mai, recense, comme chaque année, l’attitude actuelle des Suisses et des Suissesses dans un sondage représentatif mené auprès de 1213 électeurs des principales régions linguistiques du pays. Malgré de nombreux événements actuels et l’évolution du climat politique général au niveau national et international (conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis, accords-cadres avec l’UE, etc.), les résultats de l’enquête sont stables par rapport aux années précédentes. Certains résultats sont brièvement présentés ci-dessous:

  • L’avenir proche de la Suisse est évalué par 86 % des personnes interrogées de manière optimiste. La situation économique globale, jugée bonne, et la confiance dans le système politique du pays (démocratie directe, Conseil fédéral, bon système éducatif, systèmes sociaux bien développés et neutralité suisse) jouent un rôle essentiel.
  • La confiance dans les autorités et les institutions a légèrement augmenté concernant 8 institutions abordées (police, tribunaux, Conseil fédéral, économie, Parlement, armée, médias et partis politiques).
  • Selon Tibor Szvircsev Tresch (Académie militaire de l’EPFZ) et Andreas Wenger (Center for Security Studies), le plaidoyer en faveur de la neutralité a atteint un «record historique» avec 96 % d’approbation. Ceci est lié à la mise à disposition des Bons offices et à la médiation dans les conflits internationaux (94 %). Pour 85 % des personnes sondées, la neutralité est inextricablement liée à l’esprit de l’Etat suisse et 64 % considèrent la neutralité comme une raison pour laquelle la Suisse n’est pas impliquée dans les conflits internationaux. Cependant, depuis 2017, les personnes interrogées sont divisées sur la question de savoir si la neutralité peut encore être protégée militairement de manière crédible.
  • La situation mondiale au niveau des Affaires étrangères et de la sécurité est considérée de manière plus critique qu’en 2018. 73 % des sondés voient la situation d’un œil pessimiste. La crainte de la politique de pouvoir actuelle des grandes puissances, tels les Etats-Unis, la Russie et la Chine mais aussi la Turquie et la Corée du Nord, joue un rôle dans cette évaluation. Le président américain Trump est souvent cité comme en étant la cause.
  • En revanche, les relations entre la Suisse et les Etats-Unis sont perçues de manière plus positive qu’auparavant.
  • Les quatre cinquièmes des personnes interrogées estiment toujours que l’armée est nécessaire. L’armée de milice est clairement favorisée face à une armée professionnelle.
  • Un rapprochement avec l’UE est perçu positivement uniquement dans le domaine économique (85 %), alors qu’un rapprochement politique n’est plus guère souhaité (35 %).

Dans l’ensemble et au cours des années d’enquêtes pour la série d’études sur la «Sécurité», les personnes interrogées ont fait preuve d’une conception stable et consciente de l’Etat.    •

Source: www.css.ethz.ch/content/dam/ethz/special-interest/gess/cis/center-for-securities-studies/pdfs/Si2019.pdf

(Traduction Horizons et débats)