Les élections présidentielles en Biélorussie

La voie indépendante confirmée

par Peter Bachmaier*

Actuellement, il n’y a pas d’autre pays européen sur lequel les médias occidentaux s’expriment de manière aussi unilatérale que sur la Biélorussie. Cela est presque aussi grave que le manque de couverture médiatique. On éveille ainsi l’impression que ce pays est une «tâche blanche» sur la carte, dont il est ­inutile de parler ou d'écrire.

La Biélorussie est très peu connue en Occident car elle n’a jamais existé en tant qu’Etat à part entière et, par conséquent, les Biélorusses n’ont pas laissé de grandes traces dans l’Histoire. La formation de la nation biélorusse ne commença qu’à la fin du XIXe siècle, sans toucher toutes les couches de la population.

Nation et Histoire

La principauté slave orientale de Polotsk, comprenant les villes de Minsk et Vitebsk, devint au Xe siècle une partie de la Rus’ de Kiev, puis une partie du Grand-Duché de Lituanie dont la langue administrative était l’ancien biélorusse, ainsi que de l’Union polonaise-lituanienne et finalement, lors de la partition de la Pologne, une partie de l’Empire russe. Dans l’Union soviétique, les Biélorusses obtinrent leur propre république – la République socialiste soviétique de Biélorussie (RSSB) qui mena, pendant la Seconde Guerre mondiale, un combat de partisans contre l’occupation allemande. Ils ont le sens patriotique, sans pourtant vouloir se séparer entièrement de la Russie et de la culture russe.
Ils se considèrent comme pays chrétien, cultivent leurs traditions culturelles et restent sceptique face à la culture pop mondiale. La tradition orthodoxe et les faits historiques ont créé un sens particulier pour le vivre-ensemble et la conviction de ne pouvoir surmonter les difficultés qu’en commun.
Au sein de l’URSS, la Biélorussie était un pays modèle, entièrement intégrée dans l’Union soviétique, fortement industrialisée, urbanisée et d’un haut niveau de formation. La nomenklatura biélorusse favorisa – à l’instar de l’Ukraine – lors de la Perestroïka au cours des années 80 et au début des années 90, le mouvement pour l’indépendance nationale  afin de renouer avec l’Occident.
Le 24 août 1991, la RSSB déclara son indépendance. Elle devint, en décembre 1991, lors de la conférence sous la présidence de Michail Gorbatchev, dans la datcha gouvernementale de Viskuli dans la Pouchtcha de Biélovieza près de Brest, membre fondateur de la Communauté des Etats indépendants (CEI). En 1991, la Biélorussie fut aussi accueillie au sein du FMI et de la Banque mondiale et suivit jusqu’en 1994 la voie pro-occidentale. En 1994, Alexandre Loukachenko, bien que simple président d’une sovkhoze, sans faire partie de la nomenklatura et sans en défendre leurs intérêts, sortit vainqueur des élections présidentielles. Un cas unique parmi tous les présidents des républiques ayant succédé à l’Union soviétique. En 1991, au sein du soviet suprême de la RSSB, il fut le seul député ayant voté contre le démantèlement de l’Etat soviétique. Il préserva de nombreuses institutions sociales du système soviétique, et détrôna la nouvelle oligarchie en train de se former.
En novembre 1996, Loukachenko donna au pays, suite à un référendum, une nouvelle Constitution réservant des plein-pouvoirs décisifs au président et prévoyant l’union avec la Russie. 70% des votants s’exprimèrent en faveur du projet constitutionnel présidentiel. Contrairement aux réformes néo-libérales des pays voisins, son programme correspondait à une économie sociale de marché, prévoyant des réformes progressives sans destructions.
Depuis le référendum de 1996, la Biélorussie est une République présidentielle  avec un «pouvoir vertical». C’est le président qui met en place le gouvernement et définit l’orientation fondamentale de la politique intérieure et extérieure. Cependant, il doit être réélu tous les cinq ans et Alexandre Loukachenko obtint, lors des élections présidentielles du 10 juillet 1994, une majorité de 81% des voix contre son ancien Premier ministre Vyatcheslav Kiebitch.

L’Etat populaire orienté vers le social

Depuis lors, la Biélorussie fait preuve de croissance, de stabilité et de sécurité sociale. Le pays fut la première des anciennes républiques soviétiques qui atteint en 2005, le niveau du produit intérieur brut (PIB) de l’époque précédant la dissolution de l’Union soviétique: 120% du niveau de 1990 alors que la Russie en était à 85% et l’Ukraine à 60%. La Biélorussie est, au niveau mondial, l’un des plus grands exportateurs d’engrais potassiques, de camions, de tracteurs et de machines de chantier.
On apporta une attention particulière aux villages. Les kolkhozes et les sovkhozes ne furent pas dissoutes, comme dans les autres anciennes républiques soviétiques, mais reformées. «L’agriculture est le domaine dont dépend le salut du pays», déclara Loukachenko. Le programme étatique du renouvellement et du développement des villages pour les périodes de 2005 à 2010 et de 2011 à 2015 avait notamment pour but la promotion du développement social à la campagne. La production des denrées alimentaires et des matières premières dépasse aujourd’hui du double la demande du marché intérieur. La surproduction est actuellement exportée vers la Russie et d’autres Etats voisins.
Les données statistiques officielles confirment que le nombre des immigrés (provenant des pays limitrophes) était entre 2009 et 2013 supérieur de 55'000 personnes au nombre des émigrants quittant la Biélorussie. En 2014 et 2015, le pays accueillit environ 150'000 réfugiés ukrainiens qui furent intégrés dans la société.
Le 27 septembre 2015, dans son discours remarquable devant l’Assemblée générale des Nations Unies, le président Loukachenko s’engagea en faveur du droit de tout peuple de choisir sa propre voie, contre une société pratiquant la séparation entre les riches et le peuple (ordinaire), contre la déstabilisation «à l’ukrainienne» et contre la destruction de la famille traditionnelle.

Le développement économique

Entre 1998 et 2008, le produit intérieur brut (PIB) de la Biélorussie augmenta chaque année de 8–10% et le chômage baissa à 0,9% en 2010. L’économie est orientée sur l’exportation: notamment des tracteurs (7% du marché mondial), d’autres produits de l’industrie mécanique et des engrais (9% du marché mondial).
La Biélorussie est le seul pays de l’espace post-soviétique ayant gardé sa production industrielle et agricole au même niveau que précédemment et maintenu la gratuité de l’éducation et de la santé. Il dispose aujourd’hui d’un revenu national par habitant de plus du double de l’Ukraine et de la Moldavie et également plus élevé qu’en Russie.
La crise financière internationale de 2008 contribua pourtant à l’ébranlement de l’économie biélorusse. Depuis 2011, le pays lutte contre les effets négatifs des transformations des marchés extérieurs ayant abouti à des prix instables et à une forte baisse de la demande de produits biélorusses de certains secteurs. Suite à la forte intégration de la production nationale sur les marchés étrangers, les phénomènes de crise dans les économies russe et internationale provoquèrent au cours de la première moitié de 2015, une baisse symétrique du PIB de 3,3% (en prix comparables) par rapport à l’époque analogue de l’année précédente. Ces derniers temps, l’économie nationale travaille sous l’effet de la détérioration de la situation économique extérieure.

La culture nationale est la base de l’indépendance

Dans le domaine culturel, le gouvernement vise un renouveau spirituel sur la base de la culture populaire biélorusse et la culture classique russe et européenne. «La culture nationale est la base de l’indépendance», déclara Loukachenko. Lors du référendum de 1996, plus de 70% des citoyens répondirent par l’affirmative à la question de savoir s’ils étaient d’accord d’élever le russe, à côté du biélorusse, au rang de deuxième langue officielle.
Le gouvernement attribue une haute priorité au domaine de l’enseignement et de la formation ce qui s’exprime en comparaison avec les autre pays de la CEI par une part du budget étatique au-dessus de la moyenne (environ 7%).
L’enseignement de l’«idéologie d’Etat», une sorte de formation civique enseignée au niveau supérieur, sert à apprendre aux jeunes gens l’estime de la patrie, de l’Etat et la famille. L’enseignement patriotique est également la tâche de l’Union de la jeunesse républicaine biélorusse (BRSM). A l’âge de la majorité, les jeunes citoyennes et citoyens obtiennent, lors d’une cérémonie avec des représentants de l’Etat, leur certificat de citoyenneté.
Les églises sont les «partenaires de l’Etat». Ce ne concerne pas seulement l’Eglise orthodoxe à laquelle adhèrent 83% de la population, mais également l’Eglise catholique (12% de la population) qui fut capable de quadrupler le nombre des paroisses depuis la déclaration de l’indépendance. En 2009, Loukachenko eut une audience auprès du pape Benoît XVI qui envoya un nonce à Minsk. «L’éducation d’un vrai citoyen et patriote commence dans la famille – c’est précisément là que se forment les valeurs spirituelles, les bases de la personnalité et l’avenir du pays», déclara le président.

Les relations avec la Russie et la CEI

La Biélorussie décida en 1998 de former une union avec la Russie. Les relations entre les deux pays sont très étroites, mais les négociations concernant la formation d’un Etat d’union ne sont pas terminées. La Biélorussie est le plus grand partenaire commercial de la Russie. Le pays traite 60% de son commerce avec la Russie dont elle se procure plus de 90% de ses besoins énergétiques. Début 2015, l’Union eurasienne fut créée avec la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan et l’Arménie et forme un espace économique commun.
Les libéraux russes pro-occidentaux, possédant toujours et encore une forte position au sein de l’oligarchie des «nouveaux riches», des partis d’opposition et de l’appareil gouvernemental russe, sont opposés à la politique biélorusse. Boris Nemtsov, par exemple, s’était à plusieurs reprises exprimé de manière critique sur Loukachenko.
La Biélorussie a des relations politiques, économiques et culturelles étroites avec l’Ukraine depuis l’époque soviétique. Le gouvernement biélorusse s’opposa à la révolution du Maïdan et au coup d’Etat de Kiev, mais également à la sécession de la Crimée et à son retour à la Russie, tout comme il s’oppose à tout changement des frontières en Europe, telle la sécession du Kosovo de la Serbie. La Biélorussie s’engage en faveur de l’intégrité de l’Ukraine et a négocié pour cette raison les accords de cessez-le-feu à Minsk en septembre 2014 et en février 2015. Une amélioration des relations avec l’UE en fut la conséquence.
Les élections présidentielles du 19 décembre 2010 en Biélorussie eurent pour résultat que le président en exercice Alexandre Loukachenko fut confirmé dans ses fonctions avec 79,6% des voix alors que les neuf candidats d’opposition obtinrent ensemble environ 6% des voix. Le reste était des abstentions. Ce résultat fut confirmé par la Commission des observateurs de la CEI et par les observateurs d’élection indépendants.

La stratégie de l’Occident

Quand Loukachenko commença à combattre la nouvelle oligarchie, l’UE changea de stratégie. En 1997, le Conseil de l’UE décida de limiter ses relations politiques avec la Biélorussie tant que son gouvernement ne reprendra pas le «chemin de la démocratie et de l’Etat de droit».
Les Etats-Unis continuent à se présenter en adversaire intransigeant de la voie particulière et de la souveraineté de la Biélorussie. En octobre 2004, le président Bush signa le «Belarus Democracy Act» prévoyant que l’aide financière au pays ne profite pas au gouvernement et à l’Etat, mais uniquement à l’«opposition démocratique» et que les sanctions économiques doivent être maintenues. Ainsi, de vastes ressources financières (jusqu’à 20 millions de dollars par an) sont octroyées à des ONG, des «projets de démocratisation» et des campagnes médiatiques. Dans son discours du 4 mai 2006 à Wilna, le vice-président américain Dick Cheney attaqua vivement la Biélorussie et déclara: «Il n’y a pas de place en Europe pour un tel régime.»
En mai 2008, le gouvernement de Washington rompait les relations diplomatiques avec la Biélorussie et fermait l’ambassade des Etats-Unis à Minsk. La Biélorussie fut contrainte de fermer son ambassade à Washington et son Consulat à New York.
Le soir du 19 décembre 2010, plus de 20'000 manifestants protestèrent contre le résultat des élections présidentielles, et un groupe d’une centaine d’activistes radicaux attaqua le siège gouvernemental pour créer un coup d’Etat comme à Kiev. L’un des dirigeants était le candidat à la présidence Nikolaj Statkevitch qui sera condamné plus tard à six ans de prison par un tribunal. Cependant, il fut libéré en août 2015 avec un certain nombre d’autres meneurs. En mars 2011, l’UE décréta, suite à la répression du mouvement d’opposition violent du 19 décembre 2010, une interdiction d’entrée pour environ 150 fonctionnaires biélorusses importants, juges, procureurs et journalistes ainsi qu’un gel des comptes pour ce cercle et pour 15 grandes entreprises. La Biélorussie continue néanmoins de considérer l’UE, à côté de la Russie, comme partenaire économique égal en droits.
Un mémorandum de la «Deutsche Gesellschaft für Auswärtige Politik» de mai 2011 contient des propositions pour le soutien de la formation d’une oligarchie orientée vers l’Occident et, en outre, la création de liens avec les parties pro-occidentales des jeunes élites biélorusses, notamment des étudiants.
Les médias occidentaux informant sur la Biélorussie se concentrent sur les manifestations de l’«opposition démocratique». En réalité, la grande majorité des opposants sont soutenus et formés par des Organisations non-gouvernementales (ONG) telles la Fondation Soros, l’Union euro-atlantique, la Fondation Friedrich Ebert, la Fondation Konrad-Adenauer ou le groupe d’observateurs de l’OSCE. Actuellement, la plupart de ces ONG opèrent des pays voisins, car le gouvernement exige d’elles la divulgation de leur financement. La Commission européenne soutient des émissions radiophoniques de la BBC, de la Deutschen Welle et de la Radio polonaise diffusant des nouvelles et des émissions de musique rock destinées spécifiquement à la Biélorussie.
Les partis d’opposition comptent, selon les indications de la Fondation Konrad-Adenauer à Minsk, environ 20'000 membres. Ces partis ont la possibilité de porter leurs propres candidats aux élections législatives. Pourtant, un droit de vote majoritaire règne, et dans chaque circonscription, le candidat majoritaire est élu. On peut aussi compter parmi l’opposition certains écrivains, artistes et autres intellectuels tels l’éditeur de la revue «Partizan» Artur Klinov (Klinau) et la lauréate du prix Nobel Tatjana Alexijevitch qui a vécu depuis 2000 en Allemagne et dans d’autres pays occidentaux avant de récemment retourner à Minsk. Ses livres sont imprimés à Moscou et peuvent être achetés dans les librairies biélorusses.
Le projet «Intermarium» (en polonais «Medzimorze» = le pays entre les mers, donc entre la mer Baltique et la mer Noire) fait aussi partie de la stratégie occidentale contre la Biélorussie. Ce projet fut élaboré par le président polonais Pi?sudski après la Première Guerre mondiale. Il voulait rétablir la position de grande puissance de la Pologne comme sous l’époque jagellonienne. Aujourd’hui, ce projet est soutenu par les néoconservateurs du «State Department» à Washington. Le but de ce projet est l’union entre la Pologne et l’Ukraine et, en outre, avec la Biélorussie, les pays baltes, la Tchéquie, la Slovaquie et la Hongrie pour construire un «cordon sanitaire» entre l’Allemagne et la Russie.

Les élections présidentielles du 11 octobre 2015

Alexandre Loukachenko a gagné les élections présidentielles en Biélorussie le 11 octobre 2015 avec 83,5% des voix. La participation électorale était également très haute avec plus de 80%. La candidate pro-occidentale Tatjana Korotkevitch du «Référendum du peuple», soutenue par le parti partenaire EVP, le Front populaire et le Parti social-démocrate biélorusses se trouva à la seconde place avec environ 5% des voix, puis les candidats Sergej Gajdukevitch du parti libéral-démocratique avec 3,5% et l’Hetman des cosaques Nikolaj Ulachovitch du «parti patriotique» avec 1,7% des voix. 6,5% des électeurs se prononcèrent «contre tous les candidats». Dans la capitale de Minsk, Loukachenko obtint seulement 65% des voix, et 20% se prononcèrent «contre tous les candidats». Deux jours après l’élection, le deuxième président du Conseil national autrichien Karlheinz Kopf arriva à Minsk avec le président de la Chambre économique Leitl et une délégation économique et félicita Loukachenko pour sa «victoire électorale convaincante».
La grande victoire de Loukachenko – comme je pus l’apprendre lors de nombreuses conversations avec des électeurs – fut due au soutien de la population pour «l’Etat populaire orienté vers le social» garantissant sécurité, stabilité, plein emploi, système de santé et de formation gratuit et revenu modeste mais garanti. A l’opposé se trouve la situation internationale inquiétante: la crise migratoire et la crise de l’euro dans l’UE, de même que la crise dans l’Ukraine voisine, les guerres en Syrie, en Afghanistan et en Irak.
En tant qu’observateur international indépendant, j’eus la possibilité de visiter environ dix bureaux de vote dans lesquels tout se passa dans le meilleur ordre. Les électeurs allaient dans l’isoloir et plaçaient le bulletin de vote dans une urne cachetée et transparente. Je tentai de m’entretenir avec les observateurs électoraux de l’opposition présents dans les divers bureaux de vote pour entendre leurs arguments, mais ils n’énoncèrent point d’objections sérieuses ou de réclamations.
Le politologue autrichien Christian Haerpfer de l’Institut de science politique de l’Université de Vienne, observant également les élections en tant qu’expert indépendant, déclara que les élections remplissaient «toutes les normes d’élection reconnues dans le monde entier». Dans un sondage suite au vote (Exit Poll) qu’il effectua avec du personnel occidental et biélorusse, il arriva presque au même résultat que la Commission électorale centrale. Le soir du 11 octobre 2015, environ 200 personnes se rassemblèrent devant le Palais de la République pour manifester, avant même l’annonce du résultat, avec le drapeau blanc-rouge-blanc utilisé de 1991 à 1995 comme drapeau national et le drapeau de l’UE, contre la «dictature» et pour le «rattachement à l’Europe».
Cette fois, l’UE choisit la tactique de ne pas trop soutenir l’opposition, mais de proposer au pays, à l’aide du «soft power», un crédit favorisant la voie de la «démocratisation». L’UE décida après l’élection, de «suspendre» pour quatre mois les sanctions contre la Biélorussie –interdictions d’entrée dans l’UE et blocages de compte de 175 individus (dont le président Loukachenko et toutes les personnes dirigeantes de l’Etat et de l’économie) et de 14 organisations.

Perspectives

La Biélorussie tenta de maintenir au cours des dernières années un certain équilibre entre la Russie et l’UE. Le terme de «pont» fut utilisée pour décrire la place biélorusse dans la géopolitique, dixit Loukachenko: «Nous sommes le pont entre l’Est et l’Ouest. Nous ne pouvons ignorer ce fait. C’est notre place géopolitique et notre héritage.»
Ces derniers temps, on peut constater que le modèle biélorusse exerce une certaine attractivité sur les pays voisins alors que l’approbation de l’UE baisse dans tous les peuples d’Europe centrale et orientale. Le niveau de vie stable, le plein emploi, la sécurité et, avant tout, l’Etat souverain défendant ses frontières impressionnent de plus en plus les Ukrainiens, Polonais, Tchèques, Slovaques, Hongrois, les peuples baltiques et d’autres, parce qu’ils ne sont pas aussi fortement influencés par le nihilisme occidental. Depuis les élections du 11 octobre 2015, le président serbe, une délégation parlementaire slovaque, le président azerbaïdjanais, mais aussi une délégation économique autrichienne rendirent visite à la Biélorussie. Loukachenko est certainement le seul président d’un ancien pays soviétique disposant tant à l’Est qu’à l’Ouest de l’Ukraine de si nombreux sympathisants. Dans les mouvements antimondialistes occidentaux, la Biélorussie est de plus en plus reconnue comme modèle et c’est aussi pour cette raison, que cela vaut la peine de faire personnellement la connaissance de ce beau pays à l’occasion d’un voyage d’études.    •
(Traduction Horizons et débats)