Non à la réduction de moitié de l’armée suisse

Référendum contre le DEVA (Développement de l’armée)

par Marianne Wüthrich, docteur en droit

Au cours de la session de printemps, le Conseil national a rejeté la motion «Sortir du programme de l’OTAN ‹Partenariat pour la Paix› (PpP)» – alors que la Suisse neutre n’a vraiment pas à participer à des exercices de guerre de l’OTAN dirigés vers l’Est. En même temps, après de longs débats, le dit «Développement de l’armée (DEVA)» fut très clairement accepté lors du vote final du 18 mars par les deux Chambres fédérales (cf. Horizons et débats no 8 du 18/4/16).
Contre le DEVA un «Comité de citoyens pour notre sécurité – NON à la réduction de moitié de l’armée» soutenu par le «groupe Giardino» et d’autres groupes citoyens a lancé le référendum. Expiration du délai référendaire: 7 juillet 2016.
Les comités exigent le respect des piliers constitutionnels de la politique suisse de sécurité mais aussi d’une armée capable de protéger le territoire et la population de la Suisse.

«Si le DEVA devait être ‹réalisé› comme l’Armée XXI, la Suisse se retrouverait bientôt désarmée et ne pourrait plus remplir son devoir de neutralité armée. Des fantaisies de ‹sécurité grâce à la coopération internationale› n’y aideront en rien. Quel Etat étranger ou quelle organisation serait prête à aider une Suisse qui, malgré sa prospérité unique, n’est pas disposée à mettre à disposition de son armée suffisamment de moyens pour garantir sa propre sécurité?»

Carlo Jagmetti, docteur en droit, ancien ambassadeur suisse aux Etats-Unis, ancien lt col EMG, in: «Wohin steuert die schweizerische Sicherheitspolitik 2016?» in: Pro Militia no 1/2016

«Qu’y avait-il au début de ce ‹développement de l’armée›? Il est très important, de se le remémorer. Au début de ce ‹développement de l’armée›, il y avait le fait de sa réduction de moitié. Nous avons aujourd’hui une armée de 200'000 hommes, réserves inclues, et l’armée future aura encore 100'000 hommes – cela à une époque, où les menaces autour de nous augmentent et où d’autres Etats réagissent plutôt avec le renforcement de leurs armées.»

Ueli Maurer, conseiller fédéral, procès-verbal du Conseil national, session d’été 2015, 18 juin 2015