Le Pays basque propose une médiation

gl. L’évolution en Catalogne est surveillée de près par le Pays basque. Le chef du gouvernement basque Iñigo Urkullu, du parti nationaliste conservateur basque PNV, ancré dans les communautés catholiques de base du Pays basque, a, au cours des derniers mois, tenté de jouer aux médiateurs par le biais de l’archevêque de Barcelone et les abbés des monastères catalans Montserrat et Poblet. Le 27 septembre, donc avant le vote du 1er octobre, la Commission permanente de la Conférence épiscopale espagnole en Catalogne a adopté une déclaration en faveur d’un dialogue honnête et en soutien aux droits des peuples d’Espagne. Cela a déclenché le mécontentement du gouvernement de Madrid et de la grande majorité de la presse espagnole.
Urkullu, ayant à plusieurs reprises conseillé au président catalan Puigdemont de ne pas créer de situation désespérée, s’était entretenu avec le gouvernement espagnol et avais adressé des messages à Bruxelles. Son but principal est d’empêcher par tous les moyens l’intervention sans précédents du gouvernement central dans l’autonomie des régions.
Dans une interview accordée à Radio Euskadi, Urkullu a fait valoir que Madrid devait reconnaître les résultats électoraux du 21 décembre et proposer des solutions politiques plutôt que des mesures pénales. Il s’est prononcé en faveur de la restauration de la situation d’avant le 6 septembre dernier. A cette date, le Parlement catalan avait approuvé la loi sur la mise en œuvre du plébiscite du 1er octobre.
Pedro Luis Uriarte, l’ancien ministre basque des Finances, considéré comme le père du droit fiscal basque, a proposé dans une interview avec le journal catalan «La Vanguardia», d’octroyer à la Catalogne la même compétence fiscale que possède le Pays basque actuellement. Contrairement aux autres communautés autonomes d’Espagne, les autorités fiscales basques collectent elles-mêmes tous les impôts et gèrent leur propre budget de manière autonome. Le Pays basque verse chaque année au gouvernement de Madrid un montant égal à sa part du PIB espagnol, donc 6,24%, pour financer les tâches étatiques au niveau national. En 1980, lors de la négociation du premier statut d’autonomie, le gouvernement catalan avait encore renoncé à une telle souveraineté fiscale. Aujourd’hui, Uriarte considère cela comme une grave erreur, car le Pays basque a choisi une voie difficile et risquée avec l’introduction de l’autonomie fiscale dans une situation économique extrêmement difficile, mais aujourd’hui le pays est en bonne santé. Le gouvernement catalan, cependant, est aujourd’hui endetté.    •

Sources: La Vanguardia du 26/11/17 et 28/12/17; Noticias de Gipúzkoa du 30/12/17