«Bien que j’apprécie moi-même le fait d’appeler un chat un chat, je trouve que ces attaques verbales virulentes contre la Russie sont nocives. Je n’ai aucune sympathie pour ce jeu réciproque de menaces d’interventions militaires. […] On s’approche du paroxysme. Tout ce qu’il nous reste, c’est de dire: Réveillez-vous enfin!» (Peter Gauweiler)

Le futur gouvernement allemand doit changer d’orientation

km. Le 23 décembre 2017, lors d’une interview accordée au journal en ligne russe Sputnik, Peter Gauweiler, ancien ministre bavarois de l’Environnement et vice-président de la CSU (parti conservateur de Bavière) a donné, au sujet des questions actuelles de la politique allemande et internationale ainsi que des devoirs du futur gouvernement allemand, les explications suivantes:
«Il y a quatre sujets décisifs pour lesquels le futur gouvernement allemand doit poser des jalons. D’abord, il s’agit des frontières ouvertes et la question de savoir comment traiter les personnes venues chez nous au cours des derniers 18 mois dans le cadre des «flux migratoires». Ensuite, il s’agit de la sauvegarde de l’euro, puis de la participation à des interventions militaires à l’étranger pour défendre – entre guillemets – ‹nos valeurs› à l’étranger, et pour terminer il y a encore les sanctions envers la Russie.»
Peter Gauweiler, qui avait déjà porté plainte contre la politique de sauvegarde de l’euro devant la Cour constitutionnelle fédérale allemande, a renvoyé à un jugement actuel de la Cour suprême allemande: «Je souhaite vous rappeler qu’en août 2017, la Cour constitutionnelle fédérale a déclaré que le dit ‹programme de Quantitative Easing› de la Banque centrale européenne – suite auquel elle a réalisé des emprunts de plus de 60 milliards d’euros par mois et atteint au total un volume de 2 billions d’euros – est incompatible avec la séparation des pouvoirs et le principe démocratique de la Loi fondamentale allemande.»
A la question de savoir si la démocratie directe et les droits populaires n’étaient pas des notions utilisés par les «populistes», M. Gauweiler a donnée une réponse très claire: «Les votations populaires n’ont rien à voir avec le ‹populisme›. […] Finalement, c’est toujours le peuple souverain qui doit décider. La Cour constitutionnelle a précisé explicitement dans son jugement au sujet du Traité de Lisbonne que lorsqu’il s’agit de questions fondamentales de la souveraineté, il est évident que le peuple doit être appelé aux urnes.»
M. Gauweiler s’est montré déçu du nouveau président américain: «Malgré les controverses autour de Trump, j’avais marqué son nom d’un gros Plus pendant sa campagne électorale, car il avait précisé qu’il souhaitait l’abandon de la part des Etats-Unis de leur éternel rôle de gendarme de la planète. Je suis donc plutôt déçu de voir que pour l’instant, il fait souvent tout le contraire.»
Comme déjà au cours des années précédentes, M. Gauweiler juge le rôle de la Russie en politique internationale et les évolutions dans ce pays différemment que les adeptes du politiquement correct. Les attaques permanentes contre ce pays sont à son avis contre-productives: «Je pense que la Russie a un rôle important à jouer. Il ne faut pas traiter les Russes plus mal qu’à l’époque de Brejnev, également au niveau psychologique. La Russie a pris un essor presque incroyable. Quiconque visite Moscou se retrouve dans une magnifique ville en pleine croissance.» Quant aux violentes attaques verbales, il a ajouté: «Bien que j’apprécie moi-même le fait d’appeler un chat un chat, je trouve que ces attaques verbales virulentes contre la Russie sont nocives. Je n’ai aucune sympathie pour ce jeu réciproque de menaces d’interventions militaires. […] Tous font rouler leurs mécaniques, apparemment sans être au clair sur les risques que cela comporte. On s’approche du paroxysme. Tout ce qu’il nous reste, c’est de dire: Réveillez-vous enfin! Bien sûr que la Russie doit faire partie des structures européennes. Bien sûr que les sanctions contre la Russie sont stupides et doivent absolument être levées. Et naturellement, il faut une étroite collaboration entre les Etats-Unis et la Russie.»
Contrairement aux autres responsables politiques allemands, il a défini le rôle de l’Allemagne différemment: «A cause de sa situation géographique, l’Allemagne détient un rôle de médiateur. Le milieu entre l’Atlantique et l’Oural se trouve entre Berlin et Varsovie. Il faut donc prendre garde de bien garder l’équilibre. Toute personne née en 1949 – comme moi – n’aurait jamais osé espérer la fin du rideau de fer et le retrait de l’Allemagne aussi pacifique de l’Armée rouge. Personne n’aurait cru à tant d’opportunités en Russie pour l’économie allemande et vice-versa, ni qu’en Bavière, nous serions, un jour, heureux de recevoir des hôtes russes venant faire leurs courses chez nous.»    •