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Pas de sécurité crédible au sol sans le soutien de forces aériennes puissantes!

Après le Non au Gripen, les adversaires doivent endosser la responsabilité!

par Konrad Alder

Le parti socialiste, représenté par Mmes Galladé et Allemann, membres malhonnêtes de la Commission de la politique de sécurité (CPS), le «Groupe pour une Suisse sans armée» (GSsA), les Verts, soutenus de manière bienveillante par le Comité libéral «Non au Gripen» dirigé par le parti vert’libéral, et les femmes PDC avec Mme Meier-Schatz ont donc réussi à mobiliser une majorité de nos citoyens pour refuser le renouvellement d’une partie de nos avions de chasse, entraînant ainsi des dommages irréversibles à notre politique de sécurité cohérente et souveraine qui jusqu’ici a fait ses preuves.
A la différence des fameux abolitionnistes de l’armée du Groupe pour une Suisse sans armée GSsA, les cercles opposés au Gripen, sous le contrôle de Martin Bäumle et de son parti vert’libéral, ont souligné à plusieurs reprises qu’ils n’étaient pas contre notre défense nationale et nos forces aériennes, mais qu’ils considéraient uniquement l’acquisition des avions de combats à l’heure actuelle comme prématurée et financièrement irresponsable. Désormais, ces politiciens doivent assumer la grande responsabilité et présenter des solutions alternatives sérieuses pour l’avenir de nos forces aériennes et faire en sorte qu’elles obtiennent la majorité. Les conditions cadres suivantes devraient cependant rendre leur travail très difficile et exigeant:
1.    En 2025, les F/A-18 atteindront la fin de leur capacité opérationnelle et de leur durée de vie. Dès ce moment, nos forces aériennes ne disposeront plus d’avions de combat ni pour le service de la police aérienne, ni pour la protection de notre espace aérien en cas de crise ou de mission défensive. Pour éviter une telle situation inacceptable, il faut qu’un modèle successeur au F/A-18 soit disponible pour la troupe au plus tard à partir de 2022. C’est le seul moyen d’atteindre en 2025 un engagement opérationnel et de pouvoir ainsi assurer, comme mandat légal, la continuité du service de police aérienne.
2.    A l’avenir, nos forces aériennes risquent de manquer cruellement de personnel. Par cette incertitude due au rejet du Gripen, le Département fédéral de la Défense, de la Protection de la population et des Sports (DDPS) aura du mal à maintenir le niveau de nos pilotes d’avion de combat hautement professionnalisés ainsi qu’à garder les spécialistes dans les domaines de l’exploitation et de l’entretien, très recherchés sur le marché du travail.
3.    La prochaine évaluation d’un avion sera extrêmement coûteuse pour la Suisse. Compte tenu du rejet de l’acquisition du Gripen par le peuple, de la quantité minime requise, ainsi que des référendums ou initiatives auxquels il faut s’attendre de la part des opposants à l’armée, aucun producteur d’avion ne sera prêt à investir des fonds propres pour cette prochaine évaluation. La renonciation de Boeing à participer avec son modèle «F/A-18E/F Super Hornet» lors de notre dernière évaluation est dans ce contexte sans équivoque. En outre, il est très probable que – vu la situation actuelle sur le marché des avions de combat – le Gripen l’emporterait à nouveau.
4.    Toute solution de leasing pour avions de combat de haute qualité, répondant à nos besoins militaires actuels, est exorbitante et l’idée propagée par les Vert’libéraux de déléguer les tâches à un pays tiers est inacceptable non seulement sur le plan du droit de neutralité mais également à cause du monopole des pouvoirs étatique. Les coûts d’un tel «outsourcing» risquent d’être en tout cas aussi élevés que les frais pour une propre Force aérienne.
5.    Des mesures de prolongement de vie pour les F/A-18 vieux de trente ans ne sont pas une solution pragmatique en raison de leur rapport coûts-bénéfices misérable. Elles ne font que prolonger leur durée, mais ne créent pas un système d’arme correspondant à notre cahier de charge actuel.
6.    On ne peut s’attendre à aucun soutien de la part du PS, du GSsA ou des Verts. Par contre, il faut s’attendre à un contre-courant idéologique sous forme de référendums et d’initiatives ainsi que des contre-arguments déloyaux.
Lors de la campagne de votation, les opposants de tous bords pouvaient faire de la propagande contre l’acquisition du Gripen à l’aide de slogans subjectifs. Après leur bataille gagnée, il s’agit maintenant, dans l’intérêt de la Suisse, de mettre rapidement de l’ordre dans notre politique de sécurité de sorte à empêcher tout autre dégât. Dès lors, Martin Bäumle et son parti vert’libéral ont le devoir de montrer au peuple suisse comment le contrôle de notre espace aérien et de notre «Réseau national de protection, de sauvetage et de défense» peuvent être garantis. En effet, il n’y a pas de sécurité crédible au sol sans le soutien de forces aériennes puissantes et opérationnelles – tous les conflits militaires de l’histoire récente en sont la preuve! Le Conseil fédéral in corpore et tous les partis bourgeois doivent également assumer leurs responsabilités. Ils n’ont pas réalisé la dimension stratégique et l’importance de ce débat concernant la politique de sécurité, aussi ont-ils mené une campagne de soutien insuffisante, sans réel engagement, trop tard et sans aucune passion!     •
(Traduction Horizons et débats)

Nous aurions pu acheter plus de 600 Gripen!

Dans l’antiquité déjà, les êtres humains se rassemblaient afin d’assurer leur sécurité. De nombreux remparts en témoignent aujourd’hui encore.
Au cours des siècles, il y eut encore un grand nombre d’autres tâches. Mais, la sécurité extérieure et intérieure est toujours classée en tête de liste. N’est-ce pas l’insécurité (entre autres raisons) qui déclenche dans de nombreux pays les flux de millions de réfugiés?
Les Conseillers fédéraux et tous les parlementaires prêtent serment, ou prononcent leurs vœux sur la Constitution fédérale. L’article 2, décrivant le but de la Suisse, dit à l’alinéa 1: «La Confédération suisse protège la liberté et les droits du peuple et elle assure l’indépendance et la sécurité du pays.» (Remarque: ces droits comprennent également le droit unique au monde à voter, par exemple, sur l’acquisition d’avions de combat.)
L’alinéa 2 attire l’attention sur les autres tâches de Confédération: favoriser la prospérité commune et le développement durable, maintenir la cohésion interne et la diversité culturelle.
Un lecteur de mon dernier article sur le Gripen, a attiré l’attention sur d’autres gros montants qu’on pourrait comparer avec les coûts de Gripen. J’y ajoute encore l’exemple suivant: la contribution supplémentaire au Fond monétaire international pour aider la Grèce, 10 milliards + le sauvetage de l’UBS, 60 milliards + l’aide au développement, 11,5 milliards + financement de lignes de chemin de fer en Italie et en Allemagne, quelques centaines de millions: 82 milliards = environ 600 Gripen.
Sans tenir compte du fait que le prix unitaire serait nettement moins cher pour un aussi grand nombre, donc, nous aurions pu acheter même 700 ou encore davantage de Gripen avec ces moyens dépensés pour d’autre buts.
Je ne discute pas ici de savoir si ces dépenses sont justifiées ou non, mais avec ces quelques exemples, je veux démontrer quelles énormes sommes nous avons, ou sommes prêts à consacrer à d’autres tâches, qui n’ont rien à voir avec les buts primordiaux de la Suisse selon l’article 2 de la Constitution fédérale.
Je ne met pas non plus la somme d’environ 320 millions, qui devrait être versée annuellement dans le fonds pour l’acquisition des Gripen, en relation avec les 21,5 milliards que nous dépensons annuellement pour le bien-être social, les 7 milliards pour l’éducation, les 8,5 milliards pour les transports, ou d’autres positions de dépenses de la Confédération, mais je démontre les proportions.

Gotthard Frick, Bottmingen