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La démocratie et sa mise en œuvre

Dans une prise de position du 14 septembre 2015 lors de la conférence d’ouverture du «Forum 2000 – Démocratie et culture» à Prague, Hans Köchler, président de l’International Progress Organization (I.P.O.), déclara que le consensus du monde occidental concernant la «démocratie libérale» se basait sur une notion imprécise du processus démocratique. Il expliqua la confusion conceptuelle entre la représentation de la volonté du peuple (comme dans les systèmes parlementaires) et la participation directe du peuple au processus législatif (par référendum). Alors que cette dernière représente la forme originale de la démocratie (pleins pouvoirs du peuple), la première – le pouvoir au nom du peuple – est souvent instrumentalisée par de puissants groupes d’intérêts qui ont réussi à influencer, voire dominer des partis politiques.
Hans Köchler a rappelé l’héritage de Vaclav Havel, philosophe et homme d’Etat, fondateur du «Forum 2000» qui lors de la Révolution de velours de 1989 souligna le rôle souverain du citoyen et l’importance de la démocratie directe.
Dans un souci de clarification, le président de la I.P.O proposa qu’on distingue clairement entre les formes directes et indirectes (représentatives) de la prise de décision en débattant du paradigme démocratique. La prise de pouvoir des groupes d’intérêts ne devrait pas être acceptée sans esprit critique comme «best practice» de la démocratie.
En guise de réponse à un rapport sur la situation des droits humains en Egypte, Hans Köchler mit l’accent sur le double standard de la plupart des gouvernements occidentaux qui d’une part prônent la «démocratie libérale» comme paradigme mondial et d’autre part se taisent quant au coup militaire et à l’abrogation de procédés démocratiques par le recours à la force comme dans le cas de l’Egypte.
Parmi les intervenants de la conférence figuraient le prix Nobel de la paix et ancien président de l’Afrique du Sud, F.?W.?de Klerk, et Petr Pithart, ancien Premier ministre de la République tchèque. La conférence fut présidée par Jacques Rupnik, directeur de recherche du Centre d’études et de recherches internationales (CERI) (Paris) et ancien conseiller du président Vaclav Havel.    •

Source: www.i-p-o.org/IPO-nr-Koechler--Forum2000-Prague-14Sept.htm
(Traduction Horizons et débats)