imprimer fermer

Visite officielle de la Russie en Suisse

Valentina Matvienko, présidente du Conseil de la Fédération, hôte à Berne

ef. Les 20 et 21 octobre 2016, le gouvernement suisse a reçu une visite officielle de Russie. Valentina Matvienko, présidente du Conseil de la Fédération de l’Assemblée fédérale de la Fédération de Russie (Chambre haute), a participé à Berne à la réunion annuelle des présidents des Sénats européens. Le 20 octobre, elle s’est rendue à la 16e session du «Forum russe économique et financier en Suisse». Afin de lui permettre cette participation dans notre pays, le département fédéral des Affaires étrangères lui a délivré une autorisation spéciale d’entrée dans le pays «pour des raisons d’intérêt national», étant donné qu’elle est, comme d’autres personnes politiques russes, encore mentionnée sur les listes de sanctions de l’UE et des Etats-Unis. Cette autorisation spéciale était nécessaire suite à l’accord de Schengen, alors même que la Suisse n’avait pas pris part aux sanctions de l’UE de 2014. Lors de cette visite, Mme Matvienko s’est également entretenue avec le président du Conseil des Etats Raphaël Comte et avec le chef du département des Affaires extérieures Didier Burkhalter.

«Atmosphère détendue dans les relations bilatérales»

L’invitation avait déjà été formulée en 2013 par le président du Conseil des Etats d’alors Filippo Lombardi (PDC), espérant ainsi créer une «atmosphère détendue dans les relations bilatérales.» Au printemps 2014, la Suisse avait suspendu les négociations sur un accord de libre échange, menées avec la Russie dans le cadre de l’AELE. Le conseiller national Hans-Peter Portmann (PLR) avait déclaré au quotidien «Tages-Anzeiger» le 9 août 2016: «La Suisse doit s’efforcer de réduire sa dépendance économique de l’UE. ‹Cela signifie le développement de nos relations commerciales avec des marchés comme celui de la Russie.›»

La lutte internationale contre le terrorisme ne peut être menée que dans le cadre juridique de l’ONU

Lors de la rencontre des présidents de sénats, dont font partie actuellement 15 pays européens, on a débattu entre autre de la lutte contre le terrorisme. Il a été admis que la pierre angulaire de ce combat reposait sur la coopération entre les Etats.
Mme Matvienko a proposé à ses collègues d’améliorer la coopération entre les parlements afin de pouvoir aussitôt que possible approuver l’«Accord général sur le terrorisme international» de l’ONU (Comprehensive Convention on International Terrorism). Elle a souligné la position de la Russie au sujet de la coopération en matière de lutte contre le terrorisme. Celle-ci doit s’inscrire dans le cadre juridique international existant, notamment sur les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et de la stratégie globale de contre-terrorisme des Nations Unies. Malgré la grande importance de la coopération internationale et des mécanismes internationaux mis en place pour combattre le terrorisme, il faut accorder aux Etats nations le rôle central.

Développer et renforcer les relations entre la Suisse et la Russie

Après sa rencontre avec le chef du département fédéral des Affaires étrangères Didier Burkhalter, elle a confié aux journalistes que la Suisse menait une politique étrangère très équilibrée «même en parlant de sanctions». Concernant le ministre suisse des Affaires étrangères, elle a expliqué que celui-ci «avait à nouveau exprimé son intérêt à développer et approfondir le partenariat avec la Russie. Ce point de vue, restant toujours favorable, nous continuons d’apprécier la coopération bilatérale entre nos deux pays notamment dans le domaine international.

Suisse: dialogue pour la paix et aide humanitaire avec tous les partenaires

Lors de sa rencontre avec le président du Conseil des Etats Raphaël Comte, ce dernier a souligné la difficile situation en Ukraine et en Syrie et les flux de migrants qui en découlent. Et d’ajouter que c’est une tradition suisse de s’engager avec tous les partenaires en faveur du dialogue pour la paix et l’aide humanitaire. La Suisse le fait sur une base bilatérale, dans le cadre de l’OSCE, du Conseil de l’Europe et d’autres organisations. Le niveau parlementaire se prête particulièrement bien au dialogue du fait que les parlementaires se sentent souvent plus libres de s’exprimer que les représentants gouvernementaux. La Suisse attend de la Russie une approche constructive dans le cadre des négociations actuelles destinées à trouver une solution aux conflits en cours. Selon M. Comte, la mise en œuvre de l’Accord de Minsk et la solution du conflit dans le bassin de Donetsk sont de toute première priorité. (Communiqué de presse du Parlement suisse du 20/10/16)

«La Russie joue un rôle toujours plus important dans la politique mondiale»

Dans une interview accordée au «Tages-Anzeiger» du 20/10/16, Valentina Matvienko s’exprima sur la coopération internationale. «Tout le monde sait qu’il n’est plus possible de résoudre une question internationale importante ou même des conflits régionaux sans nous. La Russie joue un rôle toujours plus important dans le monde. Nous nous engageons pour le respect du droit international, pour un rôle dirigeant de l’ONU, pour assurer la sécurité à tous. Nous nous opposons à toute ingérence dans les affaires intérieures d’Etats souverains et bénéficions ainsi d’un soutien grandissant dans le monde.»

Matvienko: «Le monde a changé»

Sa réponse à la question de savoir à quel type de monde la Russie aspirait était la suivante: «Nous nous engageons en faveur d’un monde multipolaire et nous nous opposons au fait qu’un seul Etat ou groupe d’Etats tente d’imposer à un autre pays ses volontés. C’est inacceptable, le monde a changé. Nous sommes face à une transformation profonde. Nous nous investissons pour un ordre mondial plus juste, dans lequel les intérêts nationaux de chaque pays sont respectés. Nous ne cédons pas le pas à la provocation et nous menons le dialogue avec tous nos partenaires.»    •